Le logement collectif des années 1970 comme patrimoine architectural à transformer
Avenue de la Piscine 16-24 à Renens, un bâtiment du Grand Ensemble «Bois du Caudray».
Situé à Renens, le Grand Ensemble Bois du Caudray constitue un témoin remarquable de l’architecture des logements collectifs des années 1970. Conçu par l’architecte Bernard Murisier et réalisé par l’entreprise zurichoise Horta AG, cet ensemble résidentiel composé de plusieurs bâtiments est aujourd’hui reconnu comme un élément significatif du patrimoine architectural du XXᵉ siècle. Le projet concerne la rénovation de l’un des immeubles de 84 logements.
L’intervention vise à transformer et moderniser un bâtiment habité tout en préservant les qualités architecturales qui font son identité. L’organisation du chantier par colonnes d’appartements a permis de réaliser les travaux avec les locataires maintenus dans leurs logements durant la majeure partie du chantier.
À l’intérieur des logements, la rénovation permet de moderniser les cuisines et les salles de bains, en tenant compte de la configuration d’origine. L’enjeu principal réside dans la recherche d’un équilibre entre mise à niveau technique avec la modification du système de chauffage, amélioration énergétique et préservation architecturale. Cette recherche de compromis s’exprime notamment dans le traitement de l’enveloppe du bâtiment. Afin de préserver l’expression architecturale originelle, les murs pignons en béton préfabriqué sont laissés apparents. L’amélioration thermique a ainsi été réalisée sur les autres façades, permettant de limiter l’impact sur l’architecture.
La mise aux normes des garde-corps a constitué un autre défi du projet puisqu’il fallait concilier les exigences réglementaires actuelles, notamment les normes de sécurité liées à l’escaladabilité, avec la volonté de préserver l’essence du projet original. Les garde-corps intérieurs ont été complétés par un treillis métallique discret. À l’extérieur, les proportions ont été légèrement ajustées afin de répondre aux normes en vigueur tout en conservant l’horizontalité. Un travail complémentaire sur les couleurs des façades en arrière-plan ainsi que sur les stores toiles accompagne cette intervention.
Le projet cherche aussi à valoriser les espaces extérieurs en développant un aménagement paysager plus organique à échelle piétonne, intégrant des zones de prairie fleurie favorables à la biodiversité, tout en respectant les contraintes liées aux accès et aux surfaces nécessaires aux interventions des pompiers.
Cette rénovation cherche à démontrer qu’il est possible d’améliorer durablement un ensemble résidentiel des années 1970 tout en respectant son héritage architectural, en trouvant un équilibre entre conservation et qualité de vie pour ses habitants.








